Faire face aux pensées parasites

Bon nombre des personnes qui viennent me voir en consultation pour diverses raisons, me disent « je pense trop », « je suis envahi de pensées », « mon cerveau est plein ».

Quelles conséquences ?

    • Ils ont des difficultés pour se concentrer
    • Ils se sentent paralysés
    • Cela leur génère du stress, de l’angoisse, des problèmes d’insomnies

Ces pensées deviennent des ruminations et empêchent de savourer le moment présent. Elles peuvent devenir obsessionnelles, pompent l’énergie en tournant en boucle et empêchent ainsi de prendre des décisions. Nous avons tous des pensées intrusives, mais chez certaines personnes ces pensées sont omniprésentes et ne sont plus gérables, créant ainsi d’autres symptômes.

  • Les pensées parasites renvoient généralement au passé : qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Qu’est-ce que je n’ai pas fait ? Et si je ne lui avais pas dit ceci ?
    => Cela provoque de la culpabilité et du regret.
  • Elles nous projettent également dans le futur : comment puis-je faire ? Et si cela ne se passe pas comme prévu ? Il faut que j’envisage toutes les possibilités pour ne pas me tromper, mal faire,…
    => Cela provoque des peurs envahissantes et paralyse.

Alors, me vient une question : quels sont les deux moments de votre vie que vous ne vivez pas ?
Et la réponse est simple : hier et demain. C’est aujourd’hui, là, maintenant, que vous êtes en train de vivre, que les choses se passent.

« Alors l’esprit ne regarde ni en avant ni en arrière. Le présent seul est notre bonheur. »
Goethe

Ce que nous apprend la sophrologie, c’est d’ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure. Ici et maintenant. Et cela permet d’arrêter le cours automatique de nos actes ou de nos pensées. Ce qui facilite l’accès à l’instant présent, ce sont ces petites merveilles que nous offre la vie : le rire d’un enfant, le chant des oiseaux, la sensation du soleil qui réchauffe la peau,… C’est un acte de libération de nos pensées sur le futur ou passé, sur nos ruminations et anticipations. C’est au présent qu’il faut donner de l’espace pour exister, « être là ».

« Tout a changé pour moi : une gorgée d’air, un bout de ciel, un regard, chaque instant de ma vie me nourrit. Chaque instant ? D’accord, j’exagère un peu, mais à peine. Beaucoup, beaucoup d’instants ; de plus en plus avec le temps. »
Christophe André


J’en conviens, il est difficile voire impossible de ne plus penser, mais il est tout à fait possible d’éprouver et se connecter. Cela paraît logique, mais ce n’est pas toujours évident. Je vais donc vous donner mes astuces de sophrologue afin d’y parvenir.

RESPIRER

Et tout commence par le souffle. Toute notre existence, nous respirons. Respirer, c’est vivre. Et c’est le moyen le plus puissant, mais aussi le plus accessible pour se connecter à l’instant présent. Il est, en effet, plus facile de fixer son attention sur quelque chose de « mouvant » que l’on ressent en soi.

Exercice : prenez un instant, rien que quelques minutes. Vous vous posez confortablement, fermez les yeux et prenez conscience de votre respiration. L’air un peu plus frais qui entre par vos narines, et l’air un peu plus chaud qui sort. Prenez conscience de comment vous respirer, sans en changer la manière, sans essayer de la contrôler. Mais ressentez simplement votre respiration. Reproduisez l’exercice plusieurs fois.

OBSERVER SES PENSÉES

Le cerveau a cette capacité extraordinaire de nous parler sans arrêt. Nous pouvons être seul et subir un monologue intérieur qui nous parle de tout : de ce que Pierre le voisin nous a annoncé, des poubelles que l’on doit sortir, et du dernier film de Polanski qu’on doit conseiller à notre meilleure amie. Inutile de chercher à supprimer ses pensées. De la même manière qu’un barrage, cela provoque un effet de rebond. Plus vous vous retiendrez de penser, plus celles-ci vont chercher à s’infiltrer à un moment ou à un autre, dans les moments où vous serez le plus vulnérable : la nuit. Si on résiste, nos pensées insistent ! Il ne faut pas les chasser, les empêcher, ni les obéir, ni les subir, mais les accueillir, les observer et cesser de les nourrir.

Exercice : fermez les yeux et placer votre souffle au centre de votre attention. Puis lorsque des pensées apparaissent, observez simplement comment votre esprit s’emporte. Prenez conscience du bavardage de votre esprit. Et revenez tranquillement à votre souffle. Peu à peu, vous pourrez remarquer la différence entre « penser quelque chose » et « s’apercevoir que l’on pense à quelque chose ».

HABITER SON CORPS

En sophrologie, nous apprenons à reconnecter et harmoniser corps et esprit. Il ne s’agit pas de penser à son corps ni de juger ce qu’il se passe, mais simplement de reprendre contact avec lui. De le réintégrer dans notre attention, dans notre conscience et donc dans notre esprit. Sans chercher à modifier quoique ce soit. Apprendre à lire nos sensations corporelles permet de ne pas être connecté uniquement avec notre tête et nos pensées. Double bonus : quand on fait du bien à son corps, on fait du bien à son esprit ! Il s’agit donc de se connecter à soi, éprouver, ressentir. 

Exercice : vous pouvez vous placer assis, debout ou allonger et fermer les yeux. Puis parcourez les chemins de votre corps. Prenez conscience de la forme de votre visage, de votre cuir chevelu. Prenez conscience de votre cou, de vos épaules et vos bras qui se relâchent. Observer la forme de votre cage thoracique. Prenez conscience du mouvement de votre respiration. Sentez que peut-être, votre respiration est devenue abdominale. Prenez conscience de la forme de vos hanches, de vos jambes jusqu’au bout des orteils. Conscience de la forme globale de votre corps, de sa mesure, de son équilibre. Après quelques respirations profondes, remettez en tension votre corps en remuant tranquillement chaque partie de votre corps et ouvrez les yeux.


N’hésitez pas à reproduire ces exercices autant de fois que possible. Rien n’est acquis facilement. Il faut y travailler au quotidien. Je compare souvent cela à un marathon : nous n’arrivons pas à parcourir 42 km sans s’être entraîné au préalable.

Et puis quelques minutes par jour… C’est un temps pour soi !

8 réflexions sur “Faire face aux pensées parasites

  1. Delirium dit :

    Très intéressant, comment ne pas se sentir concerner … ! Merci pour cette analyse et vos propositions pour dépasser cet état négatif.

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